10 Radiodiffusion télévisuelle canadienne
L’industrie canadienne de la radiodiffusion télévisuelle comprend différents sous-segments :
- Le sous-segment de la télévision conventionnelle privée comprend les diffuseurs privés qui exploitent un réseau hertzien pour diffuser leur contenu dans les foyers.[23]
- Les services conventionnels de CBC/Radio-Canada, qui exploitent également une infrastructure hertzienne afin de diffuser des contenus en anglais et en français partout au Canada.
- Les services facultatifs et sur demande qui sont seulement offerts par les fournisseurs de télévision par câble, de télévision directe par satellite ou de télévision sur IP. Les services facultatifs offrent habituellement des émissions thématiques, comme des drames ou films, uniquement des émissions de sports ou de nouvelles, et tirent leurs revenus d’une combinaison de frais d’abonnement et de publicité. Les services sur demande comprennent les services vidéo sur demande (VSD) qui tirent des revenus de l’abonnement ou des paiements transactionnels plutôt que de la publicité.
- La radiodiffusion publique présente dans l’un ou l’autre des sous-segments ci-dessus, y compris CBC/Radio-Canada, ainsi que les diffuseurs éducatifs provinciaux au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) recueille et publie des renseignements financiers déclarés par les diffuseurs canadiens exploités dans ces sous-segments, tant sur une base de service individuel que pour les grands groupes de diffusion agrégé. Les principaux enseignements fournis par le CRTC mettent l’accent sur les revenus de radiodiffusion et les contributions à l’élaboration et à la production d’émissions canadiennes.
Les dépenses en émissions canadiennes (DEC) désignent les dépenses des diffuseurs en contenu canadien et comprennent les dépenses dans les catégories comme les nouvelles, les sports, les drames, les documentaires, les téléréalités et les émissions sur le mode de vie/émissions d’information.
Les émissions d’intérêt national (EIN) sont un sous-groupe des DEC. Il s’agit d’une exigence plus précise, axée sur les contributions à des catégories d’émissions déterminées (p. ex., drames, comédies, documentaires et films). Dans le cas des grands groupes de radiodiffusion (p. ex., Bell Media, Corus, et TVA), un montant minimal des dépenses d’EIN doit être consacré à des productions canadiennes indépendantes.
Pour les diffuseurs privés canadiens, ces contributions sont calculées en fonction des revenus de l’année précédente. Pour CBC/Radio-Canada, elles sont plutôt calculées en fonction des dépenses totales de programmation de l’année en cours.
L’information financière est présentée sur la base de l’année de radiodiffusion, soit de septembre à août. Pour l’instant, le CRTC n’a publié que les renseignements financiers agrégés communiqués par les grands groupes des radiodiffusion. Les données sont à jour pour l’année de radiodiffusion la plus récemment complétée (2024-2025). Toutefois, les données de l’industrie de la radiodiffusion n’ont pas encore été mises à jour. Par conséquent, les renseignements du CRTC décrits ci-dessous ne sont pas aussi à jour. Elles sont limitées à l’année de radiodiffusion 2023-2024. Il convient toutefois de noter que les revenus et les DEC des grands groupes de radiodiffusion représentent plus de 85 % des totaux de l’industrie. Par conséquent, les données actuelles des grands groupes reflètent également les résultats pour l’ensemble de l’industrie.
Les renseignements communiqués au CRTC et décrits ci-dessous se limitent à la télévision linéaire. Ils ne comprennent pas de détails sur les revenus et les contributions des DEC pour les plateformes en ligne ou des activités de radiodiffusion en ligne, à la fois des plateformes en ligne canadiennes et étrangères. Le CRTC travaille à moderniser son cadre réglementaire. L’un des principaux objectifs de cet examen est l’inclusion des plateformes en ligne dans le système canadien de radiodiffusion. Ainsi, ces services fourniront également au CRTC des renseignements financiers détaillés sur leurs revenus et leurs contributions à la programmation canadienne. Au cours des prochaines années, ces renseignements seront également publiés par le CRTC et constitueront probablement la base d’autres éléments qui seront présentés et discutés dans le présent chapitre du rapport Profil.
Faits saillants de 2023-2024 pour les totaux de l’industrie de la radiodiffusion et de 2024-2025 pour les grands groupes de propriété de radiodiffusion
- Les revenus de l’industrie de la radiodiffusion ont diminué de 2,2 % au cours de l’année de radiodiffusion 2023-2024, passant de 6,4 milliards à 6,3 milliards de dollars.
- Les baisses de revenus sont plus prononcées pour les grands groupes de propriété de radiodiffusion, étant donné qu’elles se limitent à la télévision générale, aux services facultatifs et aux services sur demande, et excluent les émissions de sports, dont les revenus ont continué de croître.
- Pour les grands groupes de langue anglaise, les revenus ont diminué de 10,7 % en 2024-2025. Cette baisseétait de 9,9 % pour les groupes de propriété privée de radiodiffusion (c.-à-d. excluant CBC).
- La même tendance vers le bas s’applique aux grands groupes de langue française, avec une diminution de 6,5 % pour l’ensemble des groupes et de 7,0 % pour les groupes de propriété privée (c.-à-d. en excluant Radio-Canada). Les DEC des groupes de diffuseurs de propriété privée de langue anglaise ont diminué de 5,0 % en 2024-2025.
- Les résultats étaient similaires pour les grands groupes de langue française, les DEC ayant diminué de 12,3 %.
- L’industrie de la radiodiffusion continue de subir des baisses sur plusieurs années des revenus et des dépenses en émissions canadiennes dans les groupes de diffuseurs de propriété privée de langue anglaise et française.