1 Aperçu du secteur de l’écran au Canada

L’industrie de la production cinématographique et télévisuelle au Canada se compose de quatre segments clés :

  1. La production télévisuelle canadienne comprend les émissions de télévision produites majoritairement par des sociétés de production indépendantes, ainsi que des émissions produites par des sociétés affiliées à des diffuseurs canadiens. Toutes ces émissions sont certifiées comme contenu canadien par le Bureau de certification des produits audiovisuels canadiens (CAVCO) du ministère du Patrimoine canadien ou par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).[1]
  2. La production canadienne de longs métrages en salles comprend les films de long métrage réalisés par des sociétés de production indépendantes et certifiés comme contenu canadien par le CAVCO.
  3. La production de services et de tournages étrangers (FLS) se compose principalement de films de long métrage et d’émissions de télévision tournés au Canada par des producteurs étrangers ou par des fournisseurs de services canadiens.[2] Pour la grande majorité des projets FLS, les droits d’auteur sont détenus par des producteurs non canadiens.
  4. La production interne des diffuseurs comprend les émissions de télévision produites par les diffuseurs canadiens dans leurs propres installations, plutôt que par une société de production externe, qu’elle soit indépendante ou affiliée au diffuseur. La production interne des diffuseurs concerne principalement les émissions d’information, de sport et d’affaires publiques.

L’industrie canadienne de la production cinématographique et télévisuelle est fortement intégrée au secteur mondial du divertissement et des médias. Le volume annuel de production des segments 1 à 3 (énumérés ci-dessus) est influencé par les niveaux annuels d’investissement étranger dans l’industrie canadienne de la production cinématographique et télévisuelle. La majorité de cet investissement étranger en production (IEP)[3] se concentre dans le segment de la production FLS. Toutefois, les segments de la production télévisuelle canadienne et de la production canadienne de longs métrages en salles attirent également des IEP, notamment en raison de l’exportation de contenu canadien destiné à une distribution à l’extérieur du Canada.

Faits saillants 2024/25

  • Le volume total de production au Canada a augmenté de 4,6 % pour atteindre 10,17 milliards de dollars, bien qu’il demeure inférieur de 15,8 % au sommet de 12,07 milliards de dollars atteint en 2022/23.
  • Le volume total a augmenté tant en dollars constants de 2015 qu’en dollars courants. En dollars réels ajustés pour l’inflation, le volume total a progressé de 5,3 % en 2024/25 (mesuré en dollars de 2015).
  • La production télévisuelle canadienne a diminué de 2,0 % pour atteindre 3,16 milliards de dollars.
  • La production de contenu canadien a diminué de 2,2 % pour atteindre 3,62 milliards de dollars.
  • La production télévisuelle canadienne demeurait inférieure de 16,7 % au sommet de 3,79 milliards de dollars atteint en 2022/23.
  • La production de longs métrages canadiens a diminué de 3,2 % pour atteindre 460 millions de dollars.
  • La production interne des diffuseurs a augmenté de 5,4 % pour atteindre 1,23 milliard de dollars, hausse largement influencée par l’activité de production liée à la couverture des Jeux olympiques d’été de 2024 à Paris.
  • La production FLS a augmenté de 9,5 % pour atteindre 5,32 milliards de dollars.
  • La valeur de l’investissement étranger en production (IEP) au Canada a augmenté de 8,2 % pour atteindre 6,12 milliards de dollars.
  • L’impact total sur le produit intérieur brut (PIB) de la production au Canada a augmenté de 4,6 % pour atteindre 11,72 milliards de dollars.
  • La production a généré de l’emploi pour 181 360 Canadiens, incluant les impacts directs et indirects, soit un diminué de 0,3 %.
  • L’ensemble de la chaîne de valeur du secteur de l’écran, incluant la production cinématographique et télévisuelle, la distribution, l’exploitation, la radiodiffusion télévisuelle et la distribution de radiodiffusion, a généré environ 264 420 emplois (baisse de 5,1 %), 15,00 milliards de dollars en revenus de travail (hausse de 2,3 %) et 19,91 milliards de dollars en PIB (baisse de 1,3 %) pour l’économie canadienne, en tenant compte des impacts directs et indirects.[5]

1.1 Production cinématographique et télévisuelle au Canada

Survol du secteur du contenu sur écran au Canada

Le volume total de la production cinématographique et télévisuelle au Canada a augmenté de 443 millions de dollars en 2024-2025.

Tableau 1-1 a) Volume total de la production cinématographique et télévisuelle au Canada

Source:
Estimations fondées sur les données du Bureau de certification des produits audiovisuels canadiens (BCPAC), du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), et de l’Association des agences provinciales de financement.

Note:
Certaines sommes peuvent ne pas correspondre aux totaux indiqués, parce que les chiffres ont été arrondis.
*Comprend une estimation de la production télévisuelle certifiée par le CRTC; voir les Remarques méthodologiques pour en savoir plus.
*Exclut la production audiovisuelle de contenu « d’abord diffusé en ligne »; voir l’encadré 1 pour les définitions et les statistiques.

Volume total de la production cinématographique et télévisuelle au Canada, part par segment, 2024-2025

Source:
Estimations fondées sur les données du Bureau de certification des produits audiovisuels canadiens (BCPAC), du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), et de l’Association des agences provinciales de financement.

Note:
Certaines sommes peuvent ne pas correspondre aux totaux indiqués, parce que les chiffres ont été arrondis.
*Comprend une estimation de la production télévisuelle certifiée par le CRTC; voir les Remarques méthodologiques pour en savoir plus.
*Exclut la production audiovisuelle de contenu « d’abord diffusé en ligne »; voir l’encadré 1 pour les définitions et les statistiques.

Volume total de la production cinématographique et télévisuelle au Canada, croissance annuelle par segment, 2024-25

Total de 2023-2024 (M$)Croissance (M$) 2024/25Croissance (%) 2024/252
Production étrangère et services de production (PESP)4 8614619,5
Télévision canadienne*3 220-65-2
Longs métrages cinématographiques canadiens475-15-3,2
Production interne des télédiffuseurs1 166635,4
Total9 7224434,6

Source:
Estimations fondées sur les données du BCPAC, du CRTC, et de l’Association des agences provinciales de financement.

Note:
Certaines sommes peuvent ne pas correspondre aux totaux indiqués, parce que les chiffres ont été arrondis.
*Comprend une estimation de la production télévisuelle certifiée par le CRTC; voir les Remarques méthodologiques pour en savoir plus.
*Exclut la production audiovisuelle de contenu « d’abord diffusé en ligne »; voir l’encadré 1 pour les définitions et les statistiques.

La PESP continue de représenter 50 % ou plus du volume total de la production cinématographique et télévisuelle au Canada. Sa part de la production a légèrement augmenté de 2 % pour atteindre 52 %, demeurant inférieure à ce qu’elle était il y a quelques années à l’époque de la pandémie de COVID-19, où elle avait atteint un sommet de 59 % en 2020-2021. Après avoir rebondi depuis cette période, la part de la production télévisuelle canadienne a diminué de 2 %, passant à 31 %, tout en demeurant dans une fourchette constante au cours des 3 à 4 dernières années.

Tableau 1-1 b) Volume total de la production cinématographique et télévisuelle au Canada, part par segment

Source:
Estimations fondées sur les données du BCPAC, du CRTC, de CBC/Radio-Canada et de l’Association des agences provinciales de financement.

Note:
Certaines sommes peuvent ne pas correspondre aux totaux indiqués, parce que les chiffres ont été arrondis.

Tableau 1-2 Volume total de la production cinématographique et télévisuelle au Canada (en dollars indexés par rapport à 2015)

Source:
Estimations fondées sur les données du BCPAC, du CRTC, de CBC/Radio-Canada, de l’Association des agences provinciales de financement et de Statistique Canada.

Avant 2017, les producteurs canadiens ne pouvaient bénéficier du Crédit d’impôt pour production cinématographique ou magnétoscopique canadienne (CIPC) que pour les contenus audiovisuels certifiés par le BCPAC et diffusés au Canada par un diffuseur titulaire d’une licence, projeté en salle de cinéma ou distribuées sur disque Blu-ray ou DVD, bien que ce contenu puisse également être présenté en ligne. Toutefois, avec la prolifération des services en ligne et sur demande au cours des dernières années, de nombreux producteurs canadiens se tournent de plus en plus vers les plateformes en ligne pour offrir en exclusivité les longs métrages et émissions de télévision qu’ils produisent, tout en produisant du contenu destiné principalement destiné à la consommation en ligne.

L’appellation « production de contenu d’abord diffusé en ligne » désigne ce type de production audiovisuelle. La « production de contenu diffusé exclusivement en ligne » est un sous-groupe de la catégorie « production de contenu d’abord diffusé en ligne », et comprend le contenu audiovisuel qui, au cours de la période de deux ans à compter de l’achèvement de la production, est diffusé exclusivement au Canada sur l’une des plateformes en ligne reconnues par le BCPAC pour les fins de l’Avis public du BCPAC 2017-01.

Encadré 1 Production de contenu d’abord diffusé en ligne, Volume et nombre de contenus audiovisuels canadiens en ligne

2017/182018/192019/202020/212021/222022/232023/242024/25
Volume (M$)6918111920298107119109
Nombre de projets100136991201281069874
Budget moyen (M$)0,691,331,21,680,771,011,211,48

Source:
Estimations fondées sur les données du BCPAC

Note:
Les statistiques sur la production de contenu d’abord diffusé en ligne ne tiennent pas compte de l’ajustement des délais de demande du BCPAC

Encadré 1 Volume du contenu audiovisuel canadien diffusé exclusivement en ligne, par langue et catégorie, 2024-2025

Source:
Estimations fondées sur les données du BCPAC

Note:
Certaines sommes peuvent ne pas correspondre aux totaux indiqués, étant donné que les chiffres ont été arrondis.
* Comprend les catégories « mode de vie et intérêt général » et « variétés et arts de la scène ». Les données sur les productions d’autres catégories ont été combinées par souci de ne pas divulguer les montants propres aux différents projets.

[1]Voir l’encadré 1.
[2]Les fournisseurs de services canadiens sont des producteurs canadiens qui offrent des services de production et/ou de postproduction au Canada pour le compte de producteurs non canadiens.
[3]L’investissement étranger en production (IEP) comprend la valeur du financement par préventes accordé par des diffuseurs et des distributeurs étrangers, ainsi que la valeur du financement fourni par les distributeurs canadiens pour la production télévisuelle et cinématographique canadienne, financement qui est largement lié à la capacité des distributeurs canadiens à octroyer des licences pour ce contenu à l’extérieur du Canada.
[4]Les termes « volume » ou « volume total » font référence à la somme des budgets de production.
[5]Les incidences économiques directes désignent l’emploi et le produit intérieur brut (PIB) que génère directement la chaîne de valeur du cinéma et de la télévision au Canada. Les incidences économiques dérivées désignent l’emploi et le PIB que génèrent d’autres industries de l’économie canadienne grâce à une activité économique accrue de la chaîne de valeur du cinéma et de la télévision. La section Méthodologie et glossaire fournit de plus amples renseignements à ce sujet.